Deux jeunes mexicains sont arrivés à Ploërmel, et trois françaises s’installent en communauté à Guer chez les soeurs de la Charité Saint Louis

PLOERMEL. Après la visite pastorale de Monseigneur Centène dans le doyenné de Ploërmel en février 2018, (Voir article sur le chantier réorganisation territoriale), il avait été acté que des jeunes MEMO viendraient appuyer la vie pastorale du territoire.

C’est maintenant chose faite : deux jeunes mexicains, Carlos et Juan Pablo, sont arrivés samedi. Ils ont déjà prêté main forte à l’équipe « Alpha jeunes » lors du forum des associations – cet évènement incontournable de début d’année où toutes les associations de la commune sont représentées – en aidant à la tenue du stand Alpha jeunes, et allant à la rencontre des jeunes visiteurs.

Arrivés du Mexique au début de l’été, Carlos et Juan Pablo ont déjà participé aux missions d’évangélisation des MEMO lors du Tro Breizh, au Festival Inter-celtique de Lorient, et sur les plages de Pénestin et de Carnac. Ils apprennent tout juste le français, le comprennent bien mais le parle difficilement. « Ils auront une heure de cours de français par jour » nous dit le père Christophe Guégan, responsable des jeunes. « Mais on apprend aussi beaucoup en dialoguant » ajoute Juan Pablo.

Leur mission principale, ce sera l’évangélisation par la rencontre et le témoignage, particulièrement auprès des jeunes. Carlos et Juan Pablo iront à leur contact : auprès des BTS du Lycée Latouche, en accord avec le directeur, au CFA, mais aussi dans les clubs de sport : « le paintball et le football » précise Carlos, ou encore dans les bars, le jeudi soir, ou sur le parvis de l’église. « Nous voulons créer des liens avec eux pour donner un peu de la chaleur mexicaine et leur faire connaître Jésus » explique Juan Pablo. « La France est un pays développé mais les gens sont froids. Et puis pour les français c’est exotique d’être mexicain, notre culture les intéresse. » Ils envisagent également de participer à des cours de langue : espagnol, français ou anglais. Juan Pablo ajoute que pour eux, le succès de leur mission réside dans la rencontre au quotidien, « dans la vie normale avec les gens : à l’école, pendant les repas, les activités, les sorties … » Car pour lui et Carlos, rien ne vaut le témoignage de vie. « J’ai été converti il y a quatre ans au catholicisme, pour moi c’est important de parler de mon expérience. » 

Ils participeront également à la vie pastorale quotidienne auprès des prêtres : offices des laudes et oraison le matin au presbytère, suivies du petit-déjeuner-briefing sur le programme de la journée, et service des messes quotidiennes.  Enfin ils seront bien présents pour aider là où il y a besoin dans la vie paroissiale. Le père Christophe Guégan explique : « …Nous ne voulons pas cadrer de manière trop stricte leur emploi du temps, de façon à laisser de la place à l’Esprit-Saint pour agir ! »

« L’équipe des MEMO de Ploërmel se renforcera peut-être par la présence de jeunes filles mexicaines, c’est encore à définir« , ajoute le père Christophe. Alors rendez-vous dans quelques mois pour faire le point sur leur présence dans le doyenné de Ploërmel, et d’ici là, prions pour leur mission !

 

3 jeunes filles MEMO à Guer 

Trois jeunes filles arrivent à Guer pour vivre une année de discernement vocationnel dans le cadre des MEMO, tout en apportant leur soutien à la vie pastorale du doyenné. Respectivement âgées de 23, 20 et 45 ans, Marie, Hélène et Catherine ont souhaité aller plus loin que l’engagement traditionnel des missionnaires. Elles ont choisi de prendre une année de césure pour vivre en petite communauté, avec l’appui du service des vocations, « et vivre l’abandon au Seigneur dans le quotidien, spirituellement et matériellement » précise Catherine, responsable de la « maison ».

Le Père Louis de Bronac, curé de Guer et délégué épiscopal du service diocésain des vocations sera leur accompagnateur : « C’est un concept nouveau de discernement, nous sommes en train de définir les missions qu’elles auront« .

Trois piliers orienteront leur vie : la mission, la formation et le plus important : la prière

LA MISSION. »Ce qui est très important, c’est qu’elles découvrent la réalité de l’Eglise à travers la vie paroissiale. Aujourd’hui les jeunes connaissent l’Eglise par les mouvements ou les rencontres internationales, mais le cadre de la vie paroissiale est souvent un sujet qu’ils ignorent », continue le père LouisLien avec les écoles, avec le monde des anciens et des malades, préparation aux sacrements, autant de domaines dans lesquels elles pourront trouver leur place, « mais sans que cela ne repose sur elles, car il ne faudrait pas que les paroissiens se désengagent« , précise-t-il.

Ce choix de l’apostolat – plutôt que du retrait du monde – pour discerner, d’après le père Louis de Bronac, c’est « parce qu’elles doivent d’abord structurer leurs pensées et leur imagination. Leur année ici est une étape progressive qui posera solidement les bases de leur vie spirituelle. Le retrait du monde serait prématuré. » « et puis le pape nous exhorte au don concret pour avancer dans la vie spirituelle », continue le père.

LA FORMATION. « Un peu comme une propédeutique« , « elles suivront des cours de philosophie, théologie, liturgie, spiritualité, et passeront le CET » (Certificat d’Etudes Théologiques). Une ancienne salle de classe dans la maison où elles se sont installées, louée aux soeurs de la charité Saint Louis, fera l’affaire. Et différents intervenants viendront donner les cours. « C’est encore à construire mais nous avons déjà bâti un beau projet de formation« .

LA PRIERE. Enfin leur vie communautaire aura un rythme de prières avec quatre offices par jour, deux oraisons et la messe quotidiennes. Elles suivront la charte des MEMO, adaptée à leur projet, et auront régulièrement dans l’année des retraites en abbaye. Elles vont vivre une année d’abandon à la Providence et subsisteront grâce aux dons.

Monseigneur Centène viendra bénir leur maison à la fin du mois, entouré des  MEMO de toutes les maisons du diocèse : Vannes, Lorient, Pontivy, Ploërmel…

TALITHA KOUM : un signe du Seigneur

« Nous avons choisi d’appeler notre maison « Talitha Koum » en référence à l’évangile de Marc (5,41), où le Seigneur dit à une jeune fille cette parole –  ce qui veut dire « jeune fille je te le dis, lèves-toi ! ». Cette parole est forte pour nous. C’est sûrement l’Esprit-Saint qui nous l’a soufflé ! » raconte Marie.

Car toutes les trois, bien qu’ayant emprunté des chemins différents, sont revenues à la vie en Christ, avec tant de force qu’elles sentent un appel à tout donner et veulent y répondre.

Depuis cinq ans en Bretagne pour le travail de son père, Marie, 20 ans, nous raconte qu’elle a vraiment fait le choix de Jésus en arrivant ici. Habitant près du foyer MEMO, elle les voyait régulièrement et se sentait très attirée par leur action, jusqu’à participer aux week-ends Vocare qu’ils organisent chaque année. En études à Angers, elle comprend pendant une retraite à Timadeuc qu’elle ne sera pleinement heureuse qu’en donnant tout à Jésus. En fin de 3ème année, elle part en Inde. A son retour elle a le désir d’entrer en vie contemplative. Un autre week-end Vocare sera décisif : les pères de MEMO proposent ce projet de maison de filles « ça a raisonné dans mon coeur ! » nous dit Marie, comme une réponse à ce que j’attendais.

Hélène, 25 ans, est d’origine belge. Ses parents sont en France depuis 2002. Après des études d’infirmière en Belgique, entrecoupées de passages à Vannes où elle a rencontré les MEMO, elle fait le choix de Jésus et intègre ceux-ci : elle devient responsable de la maison des MEMO de Pontivy, tout en travaillant comme infirmière auprès d’handicapés. Elle était présente au week-end Vocare lors de la proposition des pères. « Pour moi c’est le moyen de faire le premier pas sans m’engager dans une communauté. Je ne sais pas à quoi je suis appelée mais quelle que soit la manière dont je vais sortir, j’aurais appris plein de choses. » nous dit-elle. Hélène aura appris, entre autres, que « je sais que je ne suis pas seule depuis que j’ai découvert Jésus, Il est toujours là » nous confie-t-elle pudiquement.

Et Catherine ajoute « vivre en communauté est aussi un moyen d’apprendre à se connaître« . Catherine, 45 ans, est une « recommençante ». Partie de la région parisienne, ses origines bretonnes la font revenir à Quimper où elle se convertit en participant au parcours Alpha, en 2015. « Tu es sur un tapis roulant, m’as dit un jour une amie. Et c’est vrai que j’ai fais une avancée fulgurante vers le Christ, avec une envie de donner ma vie, de Le servir à 100%« .  Depuis ce mercredi des cendres de 2016, en retraite à Timadeuc, « j’ai senti l’appel à donner ma vie. » La vie l’ayant amenée à La Trinité-Porhoët, le curé du lieu lui fait rencontrer le père Louis de Bronac, qui lui parle du projet de maison à Guer. « Aujourd’hui j’attends que le Christ me montre la route, et j’apprends à suivre au jour le jour Sa volonté. »

TALITHA KOUM, « donnez lui à manger«  : une intuition des pères de MEMO

Cette suite dans l’évangile de Marc résonne comme une confirmation dans le choix du nom de la maison. En effet l’intuition des pères, lorsqu’ils ont proposé ce projet de maison, était que, s’il y a tout dans les villes : écoles, hôpitaux, il manque l’essentiel : le sens de l’âme. « Donnez-lui à manger » c’est redonner du sens. La mission prévue auprès des écoles et des EHPAD de Guer a tout son sens…

Et l’avenir ?

Quand on leur demande si elles sont inquiètes de l’avenir, elles répondent « non, nous vivons un jour après l’autre ». Marie nous confie : »tous les jours je me demande ce que je fais là, et tous les jours je sais que c’est le Seigneur qui m’y a menée. » »Tout se fait naturellement » confirme Hélène. « Nous sommes bien accueillies, et ne manquons de rien. Par exemple nous n’avions aucun meuble, et la maison est meublée… » « on vient nous apporter des légumes, ou nous proposer de cueillir des noisettes dans les jardins…Tous les jours on fait de belles rencontres, on accueille des gens qui viennent prendre le café... » continue Hélène. Pour Catherine, « quoique tu fasses, la priorité c’est l’accueil« .

Leur souhait pour l’avenir, c’est que d’autres jeunes filles viennent partager leur vie communautaire, pour quelques jours ou quelques mois… qu’on se le dise !