Dans la crise sanitaire que nous traversons, les chrétiens ont le devoir impérieux de participer à la recherche du bien commun et pour cela ils respecteront les consignes du gouvernement, non par contrainte ou crainte des sanctions mais parce que leur foi les y engage : « Rappelle à tous, dit saint Paul à Tite, qu’ils doivent être soumis aux gouvernants et aux autorités, qu’ils doivent leur obéir et être prêts à faire tout ce qui est bien ; qu’ils n’insultent personne, ne soient pas violents, mais bienveillants, montrant une douceur constante à l’égard de tous les hommes[1] ». Ainsi, la vie chrétienne ne peut pas être mise en opposition avec le bien commun, ni la recherche du bien commun considérée comme une entrave à la vie chrétienne. Bien au contraire l’un et l’autre sont complémentaires, et plus notre vie chrétienne sera intense, plus notre participation à la vie de la cité sera efficace.

Le contexte renouvelé et indéterminé dans sa durée de l’absence de culte public freine fortement les fidèles, souvent pratiquants réguliers, dans leurs attentes d’un ressourcement sacramentel. Si la sidération du premier et long confinement a conduit les fidèles, conscients des exigences sanitaires, à une obéissance remarquable, ceux-ci ont vécu avec des sentiments partagés ce temps imposé.

Les textes qui fixent ce deuxième confinement et le rapport du Conseil d’Etat ouvrent davantage de possibilités :

– l’ensemble des lieux de culte demeurent ouverts ;

– les fidèles peuvent y participer aux enterrements et aux mariages dans la limite respective de 30 et 6 personnes, mais également s’y rendre pour y exercer le culte à titre individuel, en particulier à l’occasion de leurs autres déplacements autorisés ;

– les ministres du culte peuvent librement y participer à des cérémonies religieuses, notamment pour en assurer la retransmission, et y recevoir individuellement les fidèles, de même qu’ils peuvent se rendre au domicile de ceux-ci.

La pratique liturgique n’est pas le tout de la vie chrétienne qui ne s’épanouit que dans l’exercice d’une authentique charité, charité des ministres du culte vis-à-vis des fidèles désemparés, charité de ces derniers qui pourra se traduire et s’accroître par toute activité en faveur du prochain[2].


[1] Tite 3, 1-2

[2] visites aux malades avec les précautions nécessaires, appels téléphoniques, aide aux courses des personnes en situation de nécessité, permanence dans les églises pour une écoute et un accompagnement spirituel, organisation de maraudes en ville, en lien avec la diaconie diocésaine, encouragement aux associations caritatives (Secours catholique, Conférence st Vincent de Paul, hospitalité diocésaine…), participation aux associations non confessionnelles (Resto du Cœur, Banque alimentaire,…).