Chemin vers Pâques

La vie sur cette terre est un chemin, un chemin vers la vie éternelle. Le temps du carême nous rappelle cette marche vers la lumière éternelle, vers le Royaume de Dieu. Chacun de nous aimerions connaître ce qu’est la vie après la mort. « Personne n’est venue le dire » entendons-nous parfois « c’est qu’ils doivent être bien là-haut ». Une personne est venue nous dire ce qu’est la vie éternelle : Jésus lui-même. Mais nous nous sommes habitués à mettre toute chose en doute, à contester tout dogme, toute vérité dès qu’elle ne nous convient pas, alors les dires de Jésus encore plus. Jésus est venu nous dire ce qu’était la vie après la mort, en parabole, en image. Lui-même est ressuscité et est apparu à ses disciples et à plus de 500 personnes.

Dès le dimanche suivant la Résurrection , les apôtres se sont réunis pour célébrer la mort et la Résurrection de Jésus. Leur Foi était grande. La Foi oblige à réfléchir la vie de Jésus à partir de Jésus lui-même, et non à partir de notre propre humanité. Jésus est Dieu, Fils de Dieu le Père. Il est également éternel, il n’a pas de commencement, ni de fin. Il connaît la volonté de son Père de sauver tous les hommes et les femmes de tous les temps. Jésus n’est pas venu dans notre monde pour apporter des connaissances, des expériences nouvelles mais pour nous libérer de l’emprise du monde. Et cette libération est totale quand nous passons la mort avec le Christ, pour ressusciter à la vie nouvelle.

La Foi nous invite à penser à partir du Christ et non penser le Christ à partir de nous. Ce changement d’axe qui s’appelle la Foi nous fait penser le monde et toute chose à partir du Christ, autrement dit dans le plan de Dieu.

Avec la Foi, nous ne dirons plus « dans le monde, on ne voit pas de mort ressusciter à la vie, mais nous dirons « le Christ est ressuscité, donc la Résurrection est le fondement du monde véritable, du monde tel qu’il devrait être, si tous les hommes accueillaient le message de Jésus et en vivaient pleinement ».

Le carême est le temps où nous nous interrogeons sur le Royaume de Dieu. Le royaume de Dieu est là où Dieu règne. Alors posons-nous la question : qui règne en moi ? Qu’est-ce qui a de l’influence sur moi ? « Ce sont surtout des hommes. Ceux qui me parlent, que je lis, que je fréquente, qui se dérobent. Ceux qui me donnent ou me refusent, m’aident ou me résistent. Les hommes que j’aime, auxquels je suis obligé, dont j’ai soin, que j’influence. Ce sont eux qui règnent en moi… Il y a aussi des choses qui règnent en moi. Celles que je convoite… celles qui me gênent… celles que je rencontre partout, parce qu’elles provoquent, inquiètent, absorbent mon esprit » (Romano Guardini). Le carême est le temps où je me débarrasse de tout ces faux rois pour m’offrir au vrai roi qu’est Dieu.

Dieu veut régner en moi, mais il ne s’impose pas par la violence, mais par la douceur du pardon, de l’amour. Laissons Jésus faire sa demeure en nous, alors le règne de Dieu sera en nous, parmi nous et doucement il grandira.

Telle est la bonne nouvelle de Pâques : la lumière a jailli du tombeau, la vie a triomphé, et le règne de Dieu s’établit là où l’amour est présent. Alleluia.

P. Christophe